De J. Fradin à B. Mandelbrot – La petite histoire des modèles (épisode 2)

25 Mar De J. Fradin à B. Mandelbrot – La petite histoire des modèles (épisode 2)

Voilà, après vous avoir quittés à la fin de l’histoire avec Nicolas, je reprends ma plume pour tenter de vous expliquer maintenant les bases, la source du modèle que vous venez de découvrir.

Quand, suite à ce qui s’était passé avec Nicolas, je décide de chercher à comprendre comment je peux aider une personne à aller jusqu’au bout de son défi, de son projet, je commence par m’intéresser à différents modèles de personnalité.

Je me suis d’abord intéressé au MBTI, au HBDI, ensuite à l’Ennéagramme, et enfin au modèle des Biotypes de Jacques Fradin qui m’a particulièrement intéressé par son côté scientifique et tangible.

Le modèle des Biotypes est en réalité basé sur des observations réalisées par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). Il explique ainsi qu’un nourrisson est déjà doté d’une vraie personnalité à sa naissance. Celle-ci est observable au niveau de l’activité de la partie reptilienne de son cerveau. Il dénomme cette personnalité, la personnalité primaire de l’individu. Les travaux menés par le professeur Fradin et son équipe font alors état d’une corrélation entre la personnalité d’un adulte et les observations réalisées par IRM à la naissance. Il observe ainsi chez le nourrisson quatre états possibles au niveau de la partie reptilienne. Il en observe trois en situation de stress : l’état de fuite, l’état de lutte, l’état d’inhibition de l’action. Il en observe un quatrième en situation d’absence de stress qu’il définit comme l’état neutre, ou état d’activation de l’action. Ce dernier état est ainsi observé lorsqu’aucune activité n’apparait à l’IRM dans la zone reptilienne du cerveau. Sur base de cela, il tire huit grands profils de personnalités adultes, deux pour chacun des états. Le modèle m’a beaucoup attiré à l’époque, mais je n’aimais pas ce quatrième état, il me semblait tombé de nulle part, comme s’il fallait absolument tenir compte d’une donnée qui est à l’opposé des autres. Scientifiquement je la comprends, mais quelque chose me turlupine, ça ne fait pas sens. Après avoir pris le temps de creuser ce dernier modèle, je décide de le laisser tomber, lui aussi, et je m’apprête à renoncer à ma quête.

En effet, tous ces modèles, aussi intéressants soient-ils, me semblent vides de sens. Les modèles basés sur la latéralité du cerveau (cerveau gauche versus cerveau droit) ne trouvent d’ailleurs aucun écho dans les observations réalisées à l’IRM par les chercheurs en neurosciences et quant au modèle des Biotypes, comme je viens de l’écrire il lui manque un « je ne sais quoi » pour que j’arrive à l’intégrer pleinement.

En réalité, ce dernier modèle comme les autres me semblaient se contenter de décrire les caractéristiques des différents  comportements humains, comme on aurait pu le faire pour un arbre, sans s’intéresser au sens ou au à la fonction qu’ils pourraient revêtir.

Ainsi, nous savons que « … les arbres sont répartis en deux ordres : les entomophiles et les anémophiles, suivant qu’ils sont pollinisés par les insectes et oiseaux ou par le vent. Les ordres se déclinent en familles en fonction de la fleur (pistils, étamines, disposition). Les membres de ces familles sont les genres qui comprennent les espèces d’arbres : c’est ici que se situent les principaux types d’arbres, par exemple le chêne, le frêne, le bouleau,… Les espèces sont enfin différenciées en variétés,…. »  (source www.lesarbres.fr)

Mais on sait aussi que les arbres jouent chacun un rôle essentiel.

 

 

« Ils jouent un rôle majeur dans le fonctionnement écologique terrestre, en raison de leur capacité à stocker le carbone (leur production de matière sèche annuelle correspond à deux tiers de la production mondiale des plantes terrestres), à prendre une part active dans le cycle de l’eau et de manière générale à constituer les écosystèmes complexes que sont les forêts, sources et refuges de biodiversité…. » (source www.wikipedia.com). En fonction de sa classification, l’arbre servira de refuge à telle ou telle catégorie d’insectes, d’animaux ; il acidifiera le sol ou pas et finalement trouvera sa propre fonction dans l’écosystème terrestre.

De la même manière, l’être humain est bleu, rouge, vert ou jaune dans le HBDI, il est  I, E, N, S, T, F, J, P dans le MBTI… Sincèrement c’est super, et bien souvent cela nous parle vraiment. Mais autant cela peut aider un individu à savoir qui il est, comment il fonctionne, qui sont les autres et comment fonctionnent les autres … autant cela ne m’a jamais apporté de réponse aux questions qui, que, quoi, quand et surtout pourquoi ? Pourquoi ces différentes personnalités existent-elles, quel est le sens de toutes leurs différences ?

Pour le dire autrement, ce que je reprochais le plus à l’époque aux différents modèles approchant l’humain, c’était leur incapacité, non pas tant à décrire les comportements, mais leur incapacité à leur donner de la valeur. Une valeur comme résultante d’un rôle vital et nécessaire.

Jusqu’au jour où après m’être également intéressé à d’autres disciplines comme la physique quantique ou certains modèles mathématiques, je me suis réveillé avec cette idée fixe dans la tête : et si je croisais certains aspects du modèle des Biotypes de Jacques Fradin avec l’approche mathématique fractale de Mandelbrot.

Les fractales sont des classes d’objets mathématiques ayant pour particularité une homothétie d’échelle ou autosimilarité pour reprendre les termes qu’utilisait Benoît Mandelbrot pour les définir.

En français dans le texte, une fractale est en réalité une forme se divisant à l’infini par la même forme. Le chou romanesco, ci-dessous,  est sans doute l’illustration la plus souvent utilisée pour permettre de visualisé une forme fractale. Il n’y a rien qui ressemble le plus à un chou romanesco qu’une branche de chou romanesco. Ceci est aussi vrai pour un chou-fleur, comme pour un arbre. Il n’y a rien qui ressemble plus à un arbre qu’une branche d’arbre. Une branche d’arbre ressemble à un petit arbre.

Si au départ la notion de fractale s’applique à des objets mathématiques, très rapidement elle va trouver des applications dans de nombreux autres domaines. Une série de nos organes comme les alvéoles pulmonaires par exemple sont des fractales. Comme nous l’avons vu avec le chou et l’arbre, les fractales sont aussi présents dans la flore. On les utilise aussi dans toute une série d’applications informatiques, pour des prévisions d’évolution des cours de bourse et même dans les sciences humaines. Ainsi, nous pouvons comprendre le fonctionnement d’une société entière en observant le résultat des interactions entre des individus composant un groupe plus restreint. En réalité les algorithmes adorent cette dimension fractale de nos interactions. Cela leur permet de mieux anticiper nos besoins et ainsi pouvoir nous proposer au meilleur moment ce dont nous avons envie.

Nous savons que nos comportements sont pilotés par notre cerveau. Si nos interactions humaines ont un côté fractal, si nos comportements d’achat sont observables dans la dimension fractale des courbes des cours de bourse, alors il serait logique qu’on retrouve la trace de cette dynamique fractale au cœur du fonctionnement cérébral.

C’est alors que j’ai repris le modèle des Biotypes de Jacques Fradin et que je me suis attelé à décomposer chaque état par les autres. A la différence que tout de suite, j’ai écarté l’état neutre, l’état d’activation de l’action qui me semblait, comme déjà dit, une poire au milieu de trois pommes.

J’ai donc commencé par indiquer trois lettres sur une feuille et à les décomposer sans cesse par les trois mêmes lettres.

J’ai mis le I pour l’Inhibition de l’action, le L pour la Lutte et le F pour la Fuite. Cela donnait alors ceci :

J’ai ensuite entrepris de réécrire les traits de personnalité en fonction de ce que j’avais découvert dans toutes mes lectures, formations et explorations sur le sujet. Je me suis ainsi posé la question de ce que donnerait une personnalité doublement inhibée, d’une personnalité inhibée qui lutte et ainsi de suite. C’était le début de la définition des 9 clés telles qu’elles ont été expliquées dans le post précédent.

Au moment où j’ai commencé à redéfinir le modèle sous cette forme, j’ai eu cette impression d’avoir touché là à quelques choses de très différents de tout ce que j’avais pu explorer auparavant. Quelque chose permettant d’aller au-delà de la simple description des comportements. Je ne savais pas encore que ce modèle déboucherait sur tout ce qu’il est devenu aujourd’hui.  Depuis lors les états d’Inhibition  de Lutte et de Fuite sont devenus les portes : émotionnelle E, rationnelle R et intuitive I du cerveau. C’est ce que je vous propose de découvrir dans le post sur ce sujet que je ferai demain dans la catégorie « la petite histoire des modèles ». Ce poste permettra de relier dans un tout cohérent ces trois portes de traitement de l’information au fonctionnement du cerveau reptilien.

Ceci étant, je vous propose maintenant de parcourir notre dernier post de la journée sur ce que nous pouvons concrètement faire de tout cela aujourd’hui. Pour ce faire il suffit de cliquer ICI.

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