Le retour du reptile – La petite histoire des modèles (épisode 3)

26 Mar Le retour du reptile – La petite histoire des modèles (épisode 3)

Ici pour continuer la petite histoire, voyons plus en détails comment les logiques reptiliennes d’inhibition de l’action, de lutte et de fuite sont aussi devenues des « portes » : émotionnelle, rationnelle et intuitive. Cette partie, assez technique, est davantage destinée aux personnes qui veulent creuser les fondements des modèles.

Après avoir créé l’arborescence présentée dans l’épisode 2 de « la petite histoire des modèles »,  ma réflexion s’est poursuivie et un lien logique, juste du « bon sens », c’est ainsi imposé à moi.  Ici aussi les travaux de Jacques Fradin, mais plus globalement des chercheurs en neurosciences, ont bien aidé. Les personnalités liées à l’inhibition sont des personnes centrées sur les émotions et sur la qualité relationnelle. En comparaison avec les zones du cerveau, on peut donc faire une corrélation avec la zone limbique qui pilote nos émotions et est responsable des fonctions grégaires. Les personnalités liées à la lutte sont quant à elles cartésiennes. Ici les zones du cerveau, qui agencent en automatismes logiques les apprentissages du néo limbique, semblent être les responsables des comportements. Il s’agit là de la zone articulant le néo limbique et le cortex sensori-moteur. Enfin les personnalités liées à la fuite sont distantes des réalités comme la raison et l’émotion. En ce sens on peut supposer que la zone du cerveau qui est davantage mobilisée n’est autre que le néo-cortex ou cortex préfrontal. Cette dernière zone du cerveau est également à la base de nos intuitions. C’est ainsi que les lettres E pour Emotion, R pour Raison  et I pour Intuition ont pris la place des lettre I pour Inhibition, L pour Lutte et F pour fuite dans le modèle.

Les termes inhibition, lutte et fuite faisant appels aux stratégies déployées par un individu en situation de stress sont ainsi remplacés par les termes émotionnel, rationnel et intuitif en référence aux trois grandes formes d’intelligence que nous pouvons mobiliser dans notre quotidien ou en situation d’activation de l’action. La grande différence par rapport au modèle des Biotypes, c’est qu’avec une telle hypothèse nous avons alors trois stratégies en situation de stress, comme nous avons trois stratégies en situation d’activation de l’action.

Le modèle TAM© fait donc un parallélisme parfait entre l’expression de la personnalité en situation de stress ou d’absence de stress :

 

Stress reptilien = ON Absence de Stress reptilien = OFF
Inhibition de l’action et Porte E ou Intelligence émotionnelle (limbique)
Lutte et Porte R ou Intelligence rationnelle (vieux cortex limbique)
Fuite et Porte I ou Intelligence intuitive (néocortex)

 

En réalité, le TAM© intègre bien l’apport du cerveau reptilien. Il y occupe essentiellement le rôle d’un interrupteur du type (ON-OFF). Il est en position ON quand l’individu est confronté à un stress et en position OFF quand l’individu ne vit aucun stress.

En position ON (Stress), il oriente le traitement de l’information vers :

  • Des stratégies d’inhibition (Frozen)
  • Des stratégies de lutte (Fight)
  • Des stratégies de fuite (Flight)

 

En position OFF (absence de Stress), il oriente le traitement de l’information vers :

  • La porte E =>  zones limbiques (siège de l’intelligence émotionnelle)
  • La porte R => Les zones articulant le cortex sensori-moteur et les encodages limbiques (siège de l’intelligence rationnelle)
  • La porte I => Les zones préfrontales du néo-cortex (siège de l’intelligence intuitive)

 

En retournant relire les huit personnalités des Biotypes, je me suis rendu compte que les travaux de Jacques Fradin allaient une fois de plus dans le même sens. En effet, les deux personnalités d’Inhibition de l’action sont très ancrées relationnelles, les deux personnalités de lutte sont très ancrées rationnelles et le reste des personnalités sont davantage dans le lâcher prise. La seule dissonance étant au niveau de la personnalité de Fuite Empêchée dans les Biotypes qui dans le modèle TAM© ressemble davantage à la personnalité rationnelle intuitive (clé RI).

De plus, si les études réalisées par les chercheurs démontrent qu’effectivement nous avons une attitude privilégiée face au stress, nous n’en mobilisons pas qu’une. Si notre première stratégie ne fonctionne pas, nous allons alors avoir recours aux deux autres. De la même manière en dehors du stress, nous allons tendre à activer toutes les autres clés au fin d’arriver à délivrer le résultat de la première. Une personne dont la clé est ER (fédérer une équipe), si elle n’y arrive pas immédiatement, va utiliser toutes les autres clés jusqu’à ce qu’elle atteigne son résultat.

J’ai alors émis l’hypothèse qu’il devait exister chez chacun un circuit naturel de traitement de l’information où les stratégies s’organisent chez chacun, de manières précise et différente, au service du résultat de la première clé de la séquence. Il prend ainsi la forme d’une séquence de portes comme par exemple :

EREIRRI…

Cette séquence laisse apparaitre la capacité chez tout individu de mobiliser tout son potentiel cérébral et les différents comportements qui y sont liés au service d’un rôle ou d’une fonction nettement définie par les premières lettres de la séquence. (cfr partie 1 du document).

Cette hypothèse m’a séduit bien entendu, encore fallait-il pouvoir la démontrer. J’ai pressenti, comme je pressens toujours aujourd’hui, qu’il doit y avoir un lien avec L’ADN, mais n’y connaissant rien, je suis incapable de le démontrer. J’ai bien tenté de réaliser une recherche sur le sujet avec un laboratoire universitaire équipé d’une plateforme de séquençage rapide, mais l’objet de l’étude a été recalé par le comité de déontologie scientifique au motif du risque d’utilisation des conclusions à des fins d’eugénisme. N’étant pas non plus un professionnel des neurosciences capable d’interpréter des résultats à l’IRM, il ne me restait que l’observation humaine et empirique pour tenter de valider l’hypothèse. Il a donc fallu que je valide chez les individus cette hypothèse d’un rôle nettement défini par cette séquence naturelle présente dès la naissance. L’hypothèse d’un rôle au service duquel se met tout le potentiel de comportements humain.

C’est ainsi que j’ai commencé par observer mes propres comportements et réactions ainsi que ceux de mes proches. Ensuite, j’ai observé les personnes qui suivaient certaines de mes formations, puis j’ai élargi de plus en plus l’échantillon. Plusieurs centaines de personnes ont été observées dans leurs comportements quotidiens.

J’ai remarqué, chez toutes les personnes cartésiennes, des capacités à nouer du lien, à entrer en relation émotionnelle autant que des capacités à se montrer très créatives quand elles prenaient distance de leurs raisonnements. J’ai remarqué, chez des personnes plus intuitives, des capacités de rigueur, de structure ainsi que des capacités relationnelles. Et enfin, chez des personnes plus centrées sur leurs émotions, des facultés de raisonner et de lâcher prise. Jamais une personne n’a démontré un enfermement dans une seule stratégie. De nouveau, les travaux de Jacques Fradin ne disent pas le contraire. Ils parlent d’une stratégie privilégiée ou préférée aux autres.

Par contre, à chaque fois les capacités, que j’appellerais secondaires, se déployaient au service de la première. Je m’explique. Si je prends ce professeur de gestion que j’ai eu l’occasion de côtoyer. Il avait été profilé RR dans le modèle TAM© (à savoir rationnel, rationnel). Il était capable de nouer une relation de grande qualité quand il s’agissait de faire comprendre à d’autres étudiants les bases d’un business plan. Il était également capable d’une grande créativité quand il s’agissait de trouver une solution à une situation financière nécessitant une adaptation de la structure du business plan. Ces capacités de créativité et d’entrer en relation étaient donc bien là. Mais pour être efficace, elles se devaient de se mettre au service de l’objectif très rationnel poursuivi par cette personne. Et c’est pourquoi cette personne ne se percevait, pas plus que les autres ne la percevaient d’ailleurs, comme une personne  créative ou à l’aise dans le relationnel.

Ou comme ce grand créatif qui un jour a surpris tout le monde en présentant un plan d’affaires et un plan opérationnel excessivement bien rédigés pour le déploiement de ses innovations. Lui faisant remarquer la chose, il m’a rétorqué que ces tableaux étaient pour lui une partie intégrante de son œuvre d’art. Il venait de faire preuve d’une structure incroyable que personne ne lui reconnaissait naturellement. Et il en va de même pour les émotionnels qui mobilisent leurs capacités cartésiennes et intuitives au service de la relation.

Les observations réalisées sur quelques 750 personnes ne laissent aucun doute. Il n’y a jamais eu ne fût-ce qu’un individu discordant.

C’est ainsi que l’hypothèse d’un circuit spécifique de traitement de l’information mobilisant tout le potentiel cérébral de l’individu au service plus particulièrement d’une des dimensions du cerveau (relationnelle, rationnelle ou intuitive) me parait aujourd’hui plus que plausible.

Demain, je vous proposerai de partir à la découverte d’une autre démarche visant à valider le modèle. Celle qui fera entrer en scène le lien avec la théorie de l’évolution des espèces de Darwin.

Je vous propose maintenant de découvrir ce que vous pourriez entreprendre concrètement sur base des dernières informations reçue. Il vous suffit de cliquer ICI

 

Réf : Jacques Fradin / Frédéric Le Moulec – Manager selon les personnalités – collection Eyrolle Edition d’Organisation 2008

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